Kateri Lemmens – Passages d’hiver

BEAUTY WILL SAVE THE WORLD

avec des mesures de saccage
des degrés de confinement
un dîner faste d’holodomor
à se lécher les os
jusqu’au fil
devant le mur d’une prison de Leningrad
les poches pleines de poèmes et de lettres froissées
d’Anna Akhmatova et de Nadejda Mandelstam
comment chante le monde à l’agonie
des cendres entre les dents
collées au palais
un poumon manquant
nos chants de thorax essoufflés
de rééduqués cardiaques des vallées de silicone
(je pourrais te dessiner la carte, elle s’étendrait sur les
siècles)

à quoi ressemble l’image de la transparence
à Saluuit
dans la tourbière où on enfouit mes cartilages mes
sortilèges
je dis je et je ne suis personne
je dis je et je dis les autres
à l’hôpital
sur le lit
un crayon dans la gorge
je les entends
ils perdent ma pression
ils
           me
                      perdent
dans le froid artériel
sur la table d’opération
dans les calculs de rentabilité

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Citation

– En ce sens la pensée est toujours pensée d’amour – — Rue des Douradores

Il bacio, Francesco Hayez, 1859 (détail) « (…) c’est l’accord ou l’adoption par nos facultés intellectuelles de l’intelligence du monde qui déclenche la pensée. Celle-ci est en quelque sorte illuminée par des images. Mais il ne suffit pas que les formes soient imaginées, il est nécessaire qu’elles soient désirées. D’où l’importance paradigmatique du sentiment amoureux, modèle […]

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