Leonard Cohen – Comment dire la poésie

BEAUTY WILL SAVE THE WORLD

Prenons le mot papillon. Pour utiliser ce mot, il n’est pas nécessaire d’avoir une voix qui pèserait moins d’une livre ni de lui mettre de petites ailes poussiéreuses. Il n’est pas nécessaire d’inventer une journée ensoleillée ou un champ de jonquilles. Le mot papillon n’est pas un vrai papillon. Il y a le mot et il y a le papillon. Si tu confonds ces deux éléments, les gens ont le droit de rire de toi. N’en fais pas trop avec le mot. Est-ce que tu essaies de suggérer que tu aimes les papillons plus que n’importe qui, ou que tu comprends vraiment leur nature ? Le mot papillon n’est qu’une information. Ce n’est pas pour toi l’occasion de planer, de t’élever dans les airs, de venir en aide aux fleurs, de symboliser la beauté et la fragilité, ni en aucune façon de personnifier le papillon. Il ne faut pas jouer…

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Kateri Lemmens – Quand viendrait l’aurore…

BEAUTY WILL SAVE THE WORLD

Quand viendrait l’aurore, j’énumèrerais leurs traces muettes. Ravages, lampées, sarcophages. Ils effleurent, piétinent. Ils nous veillent. De l’autre côté du jardin et de la vie. Demain, on pourrait aller pêcher des abris de lumière des éclisses entrer dans les rapides remonter le ventre glacé. Il y aurait peut-être une source.

Un jour, on se dira tout et je serai plus vile au décompte. C’est pourtant une couleur, cette soif qu’on porte aux rivières.

Tu voulais me peler faire quelque chose avec mon danger. Tu voulais des cocottes de papier, une clé d’or, un objet décoratif, mais on part même sans peau à l’eau montante à mi-chemin entre la brûlure et la vérité.

Oui je suis apôtre du vent. Oui je me suis reconnue dans les soirs tempêtes. J’ai des affinités avec la beauté facile, avec le diable dans le tain des miroirs. Et les lanceurs de dés. Savoir me pose…

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Kateri Lemmens – Passages d’hiver

BEAUTY WILL SAVE THE WORLD

avec des mesures de saccage
des degrés de confinement
un dîner faste d’holodomor
à se lécher les os
jusqu’au fil
devant le mur d’une prison de Leningrad
les poches pleines de poèmes et de lettres froissées
d’Anna Akhmatova et de Nadejda Mandelstam
comment chante le monde à l’agonie
des cendres entre les dents
collées au palais
un poumon manquant
nos chants de thorax essoufflés
de rééduqués cardiaques des vallées de silicone
(je pourrais te dessiner la carte, elle s’étendrait sur les
siècles)

à quoi ressemble l’image de la transparence
à Saluuit
dans la tourbière où on enfouit mes cartilages mes
sortilèges
je dis je et je ne suis personne
je dis je et je dis les autres
à l’hôpital
sur le lit
un crayon dans la gorge
je les entends
ils perdent ma pression
ils
           me
                      perdent
dans le froid artériel
sur la table d’opération
dans les calculs de rentabilité

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Citation

– En ce sens la pensée est toujours pensée d’amour – — Rue des Douradores

Il bacio, Francesco Hayez, 1859 (détail) « (…) c’est l’accord ou l’adoption par nos facultés intellectuelles de l’intelligence du monde qui déclenche la pensée. Celle-ci est en quelque sorte illuminée par des images. Mais il ne suffit pas que les formes soient imaginées, il est nécessaire qu’elles soient désirées. D’où l’importance paradigmatique du sentiment amoureux, modèle […]

via – En ce sens la pensée est toujours pensée d’amour – — Rue des Douradores

Kateri Lemmens – Alta Val d’Elsa, 10 août 2013

«Alta Val d’Elsa, 10 août 2013» – mon poème sur l’Annonciation de Leonard de Vinci, la beauté qui nous sauve et le secret, le retrait en chaque chose

BEAUTY WILL SAVE THE WORLD

on dit que pour comprendre les anomalies de l’Annonciation de Léonard de Vinci l’observateur doit
faire sept pas vers la droite

sous ses écailles sombres que cache l’inclination d’un doigt ou l’ouverture d’une main

un échange de regards trace une droite rectiligne ou
l’ensemble inépuisable de notre nuit

il suffit parfois d’une perspective aérienne, d’une terre volcanique, d’un seul homme, un jour de soleil, pour
recouvrer l’intuition intacte de la pureté

de la probabilité de se rencontrer deux fois ou d’une
victoire imaginaire contre l’infini

d’une limite, de n’importe quelle limite comme on écrit en pensant au fil ténu où on voit sa propre mort sans la franchir

il suffit parfois d’un poème, d’un seul poème, pour tenir, tout un hiver

cette lettre n’a pas d’adresse, elle vous revient

*

Alta Val D’Elsa, August 10, 2013

they say that to understand the anomalies of the Annunciation of Leonardo da Vinci…

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I am writing with both hands

live in the layers

Farewell to another great poet, Franz Wright (1953-2015). I posted this one several years ago and it still haunts me. If you have an extra moment, here’s another of his affecting works that I put on this blog last year.

P.S.

I close my eyes and see

a seagull in the desert,
high, against unbearably blue sky.

There is hope in the past.

I am writing to you
all the time, I am writing

with both hands,
day and night.

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